L’urolithiase (calculs)

Les urolithes (calculs urinaires) sont des petits cristaux de minéraux qui se forment dans le tractus urinaire (rein, uretère, urètre et vessie). Ils sont la plupart du temps composés de carbonate de calcium, et parfois de magnésium ou de phosphate de calcium et on les retrouve le plus souvent dans la vessie ou l’urètre.

Certains auteurs disent que ce sont les mâles qui sont le plus souvent atteints, parce que leur urètre est plus long et moins “flexible” que chez les femelles (difficulté pour évacuer les petits calculs). D’autres affirment que ce sont au contraire les femelles les plus touchées car elles sont sensibles aux infections urinaires, connues pour favoriser l’urolithiase. Quoiqu’il en soit, les animaux âgés seraient également plus sensibles.

Symptômes

Le cobaye couine lorsqu’il urine ou défèque, et on observe des traces de sang dans les urines. Il se tient en boule, le dos arqué, et son adomen est gonflé. Ses yeux sont mi-clos, signe de grande douleur. Son ventre, son arrière-train et ses pattes arrières sont trempés d’urine malodorante.

Complications

Le cochon d’Inde ne parvient plus à uriner. La présence de calculs est souvent associée à une infection bactérienne. Aussi, cette infection s’étend et peut toucher le système digestif. Le cobaye cesse alors de s’alimenter.

Dans les cas les plus graves, aucune urine ne peut être expulsée, et la vessie est endommagée par le calcul. Il y a alors une hémorragie qui fait gonfler la vessie. Les dommages peuvent s’étendre jusqu’aux reins et devenir irreversibles. Si les calculs ne sont pas retirés chirurgicalement, la mort survient au bout de quelques heures.

Causes

Les causes de l’urolithiase sont multiples. Une alimentation trop riche en calcium est la cause la plus fréquente. Une consommation d’eau insuffisante peut également être responsable, tout comme une prédisposition génétique, ou un dérèglement métabolique. La sédendarité serait aussi un facteur déclenchant la formation de calculs.

Il semble que les infections urinaires à répétition favorisent la formation de calculs. Les germes incriminés sont  Streptococcus sp., Escherichia coli et Staphylococcus sp.

Diagnostic

Le diagnostic se fait par palpation, mais surtout radiographie. Il faut également faire des analyses de sang. Une analyse d’urine détermine le pH et permet de savoir si une infection est mise en cause, et de quel germe il s’agit.

Traitement

Si les urolithes sont de petite taille, l’acidifaction du pH des urines permet de les dissoudre, puis ceux-ci sont éliminés naturellement. Cependant, certains auteurs pensent que cette méthode n’est pas conseillée pour les cobayes car leurs reins auraient du mal à éliminer l’acide.

Si les calculs sont de grande taille et bloquent la miction, il faut les retirer chirurgicalement. Ceci est une situation d’urgence. S’il y a une infection, un traitement antibiotique est donné.

Prévention

1) Maintenez une hygiène irréprochable. La cage de votre cochon d’Inde doit être propre : litière changée tous les 2 ou 3 jours, et sur-litière et dodos changés tous les jours. N’oubliez pas qu’une mauvaise hygiène entraîne la prolifération de bactéries responsables d’infections.

2) Ne donnez pas trop (ni trop souvent) de légumes riches en calcium.

3) Les légumes et herbes tels que persil, fenouil, endive, pissenlit ou luzerne ne doivent pas être donnés tous les jours. Attention à certaines marques de foin trop riches en luzerne.

4) Rationnez (voire supprimez) les extrudés. Les extrudés (granulés) sont souvent riches en calcium. De plus il est souvent impossible de connaître leur composition exacte. Une Alimentation 100% Naturelle, est recommandée (verdure et foin uniquement).

5) Donnez une eau filtrée ou à faible teneur en calcium. Vous pouvez utiliser une carafe filtrante ou choisir les eaux minérales Volvic, Evian, Spa Reine, Mont Roucous ou Valvert. Pour plus d’informations, consultez la page sur L’Eau.

6) Supplémentez l’eau de boisson en vinaigre de cidre et jus de canneberge. Le jus de canneberge est réputé pour prévenir les infections urinaires. Quant au vinaigre de cidre, il aurait également des effets contre les infections ainsi que pour acidifier l’urine et réduire la formation de cristaux. Donnez-en une cuillère à soupe par litre d’eau.

7) Faites-faire de l’exercice à votre cobaye ! Une vie active et pleine de stimulation ralentit voire prévient la formation de calculs. Pour en savoir plus, consultez la page sur Les Jeux et les Sorties.

Le cas d’Otto

Otto (photo ci-dessus) était un de mes cochon d’Inde (date de naissance présumée : début 2005). Après de multiples problèmes de santé (hypertrophie des testicules, perforation du rectum…), il a été atteint de calculs urinaires récidivants. Voilà son histoire. Attention, ce témoignage n’est donné qu’à titre informatif.

Février 2009

Otto couine en urinant. Une radiographie faite par notre vétérinaire, le Dr. K. révèle un calcul urinaire de 5 mm. Le lendemain, Otto subit une première opération dans la clinique X. Nous le récupérons un jour plus tard en pleine forme, et il récupère rapidement.

Mais deux semaines plus tard, les ennuis recommencent : Otto a de nouveau une infection urinaire et des douleurs lors de la miction… Notre

vétérinaire lui administre un antibiotique. Il nous conseille également de supprimer les granulés de l’alimentation (et donc de passer à l’Alimentation Naturelle) et de donner de l’eau à faible teneur en calcium ainsi que du jus de canneberge.

Avril 2009

Nous remarquons de nouveau du sang dans les urines… Le Dr K. réaliste une deuxième radiographie, qui confirme nos crainte : nouveau calcul urinaire de 5 mm… seulement deux mois après l’opération ! Etant donné l’état de santé d’Otto qui est plutôt bon, et le fait qu’il est un battant et un cobaye très résistant, le Dr K. recommande une deuxième opération, qui a lieu dans la clinique X. Nous finissons par remarquer que deux semaines après ses opérations, Otto a toujours une infection urinaire.

Fin Juin 2009

Otto va mal. Cette fois-ci, il est dans un état critique qui se dégrade très rapidement : il a du sang dans les urines et ne peut pratiquement plus uriner. Il refuse toute alimentation (même de force) et dégage une sorte d’odeur “chimique” (infection ? problème métabolique ?). Son transit finit par s’arrêter. Une nouvelle radiographie révèle une fois de plus un calcul dans la vessie, mesurant 5 mm… J’envisage l’euthanasie afin de mettre fin aux souffrances d’Otto.

Mais mon conjoint et le Dr K. proposent de lui donner une toute dernière chance et de pratiquer une nouvelle opération, dans une autre clinique : ils veulent s’assurer que la présence de ce calcul ne traduit pas une quelconque négligence de la part de la clinique X (dont nous n’avons aucun compte-rendu des premières opérations, malgré nos demandes répétées).

Nous prenons rendez-vous à la clinique Y, où le vétérinaire est d’abord réticent envers l’intervention, et pense qu’Otto ne s’en sortira pas. Nous lui racontons notre histoire, et il change d’avis, pensant également qu’Otto mérite une dernière chance, ne serait-ce que “par principe”. Otto subit une troisième opération qui se passe très bien. Le vétérinaire retire un calcul de 5 mm et un autre de 1,5 mm. Il “nettoie” scrupuleusement la vessie (qui par ailleurs était pleine de sang). Otto met un peu de temps à récupérer, mais remange immédiatement ! Nous n’en croyons pas nos yeux : en quelques jours, ce cobaye mourant et condamné reprend du poil de la bête !

Le Dr. K nous conseille alors une nouvelle mesure “préventive” : la distribution quotidienne de 4 ml de vinaigre de cidre dans de l’eau à donner à la pipette (directement dans la bouche), ainsi que de jus de canneberge. Il nous conseille aussi de forcer Otto à boire (à la pipette) au moins 30 à 40 ml d’eau par jour. Nous devons également appliquer un antispetique (chlorhexidine, sous forme de spray) sur les zones anale et génitale tous les jours afin de prévenir les risques d’infection. Beaucoup d’exercice physique est également conseillé.

Bilan…

Juillet 2009 : 5 semaines se sont écoulées depuis l’ “opération de la dernière chance”. Nous assistons tous les jours au “petit miracle” de voir Otto apparemment en pleine forme, très vif voire même plus actif qu’avant. Nous ne savons toujours pas si ses calculs récidivants résultent d’un problème métabolique irréversible ou d’une négligence de la part de la première clinique. Dans le cas d’un problème métabolique, nous savons qu’Otto est en sursis, et que de nouveaux calculs finiront par apparaître, ou qu’Otto succombera à une insuffisance rénale. Nous saurons alors que nous avons tout tenté, et qu’il sera temps de laisser partir notre cher Otto.

Octobre 2010 : Otto est toujours en pleine forme ! Aucun signe d’infection ou de douleur, plus d’un an après sa dernière opération !

Voilà le “régime spécial” d’Otto pour tous les jours :

  • Mélange eau filtrée + jus de canneberge + vinaigre de cidre
  • Pas de granulés
  • Sorties quotidiennes dans son parc
  • Application de chlorexidine (antiseptique) sur le pénis (occasionnellement)
  • Changement de litière tous les 2 jours et de sur-litière tous les jours

Jusqu’à son décès en mars 2011, Otto n’a jamais eu de nouveau calcul urinaire.

Par Marie-Sophie Germain
Photo : Exoticvetclinic.com

Marie-Sophie Germain

Auteur et journaliste spécialisée en Nouveaux Animaux de Compagnie
– 30 Millions d’Amis
– NAC Magazine (www.nac-magazine.com)
– Editions de Vecchi
– Editions Rustica/Fleurus