Le cobaye n’est pas un animal sauvage !

On voit beaucoup de gens qui veulent faire vivre leurs cobayes à la dure, « comme dans la nature », prétextant que c’est le paradis pour eux. Erreur ! Le cobaye est un animal domestique depuis des milliers d’années !

Il n’existe pas dans la nature

Si vous consultez la page les origines et l’histoire du cobaye, vous verrez que cet animal a été domestiqué il y a environ 7 000 ans. Notre cobaye familier, Cavia porcellus, serait en réalité un hybride entre plusieurs espèces sauvages : cela veut dire qu’il n’existe pas dans la nature. Tous les « cobayes sauvages » que vous pouvez voir dans les zoos, dans des documentaires ou  sur des photos appartiennent donc à une autre espèce que Cavia porcellus (il s’agit le plus souvent de Cavia aperea). Ainsi, notre petit cochon d’Inde de compagnie est issu de plusieurs milliers d’années de sélection, tout d’abord pour la chair, et ensuite pour son type, ses couleurs et la qualité de son pelage. Pour en savoir plus consultez l’article sur le Cuy.

Il ne peut pas survivre dans la nature

Certaines personnes pensent bien faire en faisant vivre leurs cobayes « à la dure », sans aucune intervention humaine, c’est-à-dire en les laissant se débrouiller dans un jardin, par exemple. Ils pensent que « la nature est bien faite », que tout se passera pour le mieux dans le meilleur des mondes, et que c’est un cadeau qu’ils font à leurs animaux car ils seront ainsi « en harmonie avec la planète et leur mode de vie originel ». Grave erreur… Les lois de la nature sont impitoyables : seuls les plus forts survivent. Les animaux les plus faibles succombent aux maladies, il y a des fausses couches, des bébés morts-nés, des tares génétiques, bref, une mortalité importante.

N’oubliez pas non plus que plusieurs milliers d’années de sélection entraînent de grands changements morphologiques et physiologiques. On ne peut pas lâcher un chihuahua en pleine forêt sibérienne en se disant qu’il s’en sortira très bien parce que « après tout, c’est un loup »… Il en est de même pour notre cochon d’Inde domestiqué depuis si longtemps. Sa morphologie, son bagage génétique, sa résistance face à certaines maladies ou encore sa condition physique ne sont pas forcément adaptés à une vie à l’état sauvage.

De plus, même s’il reste un animal craintif, un cobaye domestique n’a pas forcément les mêmes réflexes face aux prédateurs ou aux situations dangereuses. Il n’est pas forcément capable de trouver des solutions face à certains problèmes (famine ou aléas climatiques par exemple).

N’oubliez pas non plus qu’au Pérou, les cobayes domestiques utilisés pour la consommation ne vivent pas en plein air dans la montagne ! Ces cochons d’Inde vivent dans des enclos protégés, dans des petites constructions en terre cuite, ou le plus souvent au sein même des cuisines, où ils peuvent se réfugier contre le poële chaud. C’est une erreur fréquente de croire que les cobayes en Amérique du Sud vivent de la même façon que des troupeaux en plein air, soumis à des conditions météorologiques extrêmes, cherchant leur nourriture par eux-mêmes… Ils sont abrités et nourris : ils dépendent entièrement de l’homme.

C’est un animal de compagnie

Qu’on le veuille ou non, la domestication du cobaye en a fait un animal de compagnie. S’il est bien apprivoisé, le cochon d’Inde apprécie énormément le contact humain et le recherche. Il peut rester des heures dans les bras de son maître en toute confiance, et il adore les câlins et les massages.

La preuve infaillible que le cobaye est un animal domestique et qu’il a un lien spécial avec les humains, c’est le sifflement qu’il émet lorsqu’il veut de la nourriture : c’est un son qui n’existe pas chez les « cobayes sauvages », et qui est le fruit de plusieurs milliers d’années d’évolution auprès des humains.

Une autre théorie (qui reste à vérifier) suggère que le fait que le cobaye ne synthétise pas la vitamine C serait une autre preuve du degré élevé de domestication : les hommes ayant nourri l’espèce depuis des milliers d’années avec des aliments contenant naturellement de la vitamine C, l’espèce aurait arrêté de produire cette vitamine naturellement. (Cela ne nous dit pas si les autres espèces sauvages de Cavia ont le même problème avec la vitamine C).

Marie-Sophie Germain

Auteur et journaliste spécialisée en Nouveaux Animaux de Compagnie
– 30 Millions d’Amis
– NAC Magazine (www.nac-magazine.com)
– Editions de Vecchi
– Editions Rustica/Fleurus

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