Les sens

La vision

Le cochon d’Inde ne possède pas une très bonne acuité visuelle. En tant qu’herbivore et comme toutes les proies faciles, il a des yeux placés sur les côtés de la tête pour pouvoir profiter d’un large champ de vision (340 degrés environ) et surveiller les éventuels prédateurs aux alentours.

Même s’il détecte les mouvements, il ne les perçoit pas très bien, car la structure de la rétine ne comporte pas de cellules dites ”en cônes”. En effet, elle ne présente que des cellules en bâtonnets, qui permettent une vision scotopique, c’est-à-dire avec une luminosité faible. Cette vision n’est qu’en noir et blanc, et nuance de gris, car les cellules photoréceptrices en bâtonnets ne perçoivent pas les couleurs. Cette mauvaise perception du mouvement et du relief font qu’en captivité, un cobaye peut facilement tomber d’une table, et est la plupart du temps effrayé par les mouvements brusques.

S’il ne distingue pas les couleurs, le cobaye perçoit en revanche les différences de luminosité. C’est pour cela qu’il a peur de votre ombre quand vous essayez de l’attraper par le haut ! Procédez toujours par le côté afin de ne pas lui faire peur.

Pour protéger la cornée des agressions extérieures, les glandes lacrymales produisent des larmes opaques qui ressemblent fort à du lait. Alors pas de panique si, en l’absence de toute pathologie,  vous voyez parfois un liquide blanchâtre dans les yeux de votre compagnon !

A noter que les cobayes issus d’élevage sélectif ont des yeux dits ”en bouton de bottine”, c’est-à-dire bien ronds et en relief, contrairement aux autres cobayes qui présentent des yeux en amande et enfoncés dans les orbites.

L’ouïe

Le cobaye étant un animal très bavard et qui communique en permanence avec ses congénères et doit les comprendre, il possède une ouïe très développée, bien supérieure à celle des humains ! C’est entre autre parce qu’il a des pavillons d’oreilles bien ouverts et un canal auditif très court.

Il entend des fréquences s’étendant de 125 à 50 000 Hz environ, (c’est trois fois plus que pour l’homme). En fait, l’oreille du cobaye réagit surtout aux fréquences comprises entre 500 et 8000 Hz. C’est pourquoi il a autant peur des bruits forts que du silence complet. Alors attention aux claquements de porte et cris d’enfants ! En revanche, une musique douce ou une discussion venant de la télévision ne posent pas de problème.

Et sachez que votre cobaye peut reconnaître vos pas ainsi que votre voix ! Sans oublier le bruit du bac à légumes du frigo et des sachets en plastique ! Il semblerait que les cobayes blancs aux yeux rouges soient plus sensibles au bruit.

Le goût

Avec l’odorat, le goût est l’un des sens les plus développé du cobaye. En effet, celui-ci possède un très grand nombre de bourgeons gustatifs. Cela signifie qu’il choisit ses aliments avec soin, et développe très rapidement des préférences… dès l’âge de 2 jours ! C’est pour cela qu’il faut offrir une grande variété de végétaux dès les premiers jours de vie, afin que le cobaye ne se fixe pas sur tel fruit ou tel légume. Et n’oubliez pas qu’il est très difficile de changer l’alimentation d’un cobaye, car celui-ci peut se laisser mourir de faim si sa nouvelle nourriture n’est pas à son goût…

Le cochon d’Inde est tout à fait capable de percevoir les goûts sucrés, mais il semble qu’il n’aime pas lorsque cela est trop sucré. Cet attrait pour le sucre est utile lorsque l’on veut encourager un cobaye à boire plus, en ajoutant un peu de sirop de grenadine (ou mieux, de jus de canneberge) dans l’eau de boisson par exemple, ou lors de la distribution de médicaments.

L’odorat

Comme l’ouïe, l’odorat est un moyen de communication chez le cochon d’Inde, et il est le sens le plus développé. Selon les rares études scientifiques qui se sont penchées sur le sujet, l’odorat du cobaye serait 100 fois plus sensible que celui de l’homme (mais pas autant que celui du chien). Il est le sens le plus développé du cobaye.

Comme tous les mammifères, le cochon d’Inde possède un organe de Jacobson (ou organe voméro-nasal), spécialisé dans la détection de phéronomes. Il reconnaît donc ses congénères, leur sexe, leur degré dans la hiérarchie, son territoire, le tout grâce à l’odeur de leur urine et celle des sécrétions corporelles.

Le cobaye reconnaît même très bien l’odeur de son maître ! Il peut également percevoir des odeurs diffuses à une grande distance. Laissez des morceaux de concombre dans la cuisine et vous entendrez couiner !

Le toucher

Plus communément appelées “moustaches”, les vibrisses du cobaye lui servent à s’orienter dans l’obscurité. Elles sont dotées de nombreux récepteurs, qui perçoivent même les déplacements d’air ! Malheureusement, chez certaines races comme les Rex et les Texels, les vibrisses sont raccourcies ou ondulées et diminuent les facultés d’orientation de  l’animal.

Marie-Sophie Germain

Auteur et journaliste spécialisée en Nouveaux Animaux de Compagnie
– 30 Millions d’Amis
– NAC Magazine (www.nac-magazine.com)
– Editions de Vecchi
– Editions Rustica/Fleurus