Qui est le cochon d’Inde ?

Un rongeur

Le cochon d’Inde appartient à l’ordre des Rongeurs ou Rodentiens, (Rodentia), qui regroupe un tiers de toutes les espèces de mammifères de la planète ! Les rongeurs sont des mammifères végétariens ou omnivores dont la denture caractéristique est dépourvue de canines et comporte deux incisives à croissance continue. Le plus grand des rongeurs est le capybara (Hydrochaeris hydrochaeris), qui affiche 1,25 m de long et 50 cm de haut et qui peut atteindre 65 kg ! Il est suivi par le porc-épic et le castor. Quant au rongeur le plus petit, il s’agit de la gerboise pygmée (Salpingotulus michaelis) qui ne dépasse pas les 4,7 cm !

Un rongeur pas comme les autres

Le cochon d’Inde est donc un rongeur… mais pas comme les autres ! A l’inverse de beaucoup d’autres rongeurs, il présente un corps compact, avec des pattes courtes, des oreilles peu poilues et pas de queue (bien qu’il possède des vertèbres caudales) ! Ensuite, en raison de l’absence d’une enzyme spécifique, il est incapable de synthétiser la vitamine C, de même que les primates.

Le cobaye présente aussi un temps de gestation très long comparé à celui des autres rongeurs : en moyenne 68 jours, contre 17 jours pour un hamster ! Cela implique un  développement précoce des bébés. Ceux-ci naissent en effet parfaitement formés, telles de véritables adultes en miniature, avec tous leurs poils, leurs dents, leurs griffes et les yeux ouverts : on dit alors que le cobaye est un rongeur nidifuge. Chez les rongeurs, c’est un phénomène que l’on ne retrouve qu’au sein de la famille des Caviidae. Par ailleurs, la femelle n’a que deux mamelons, ce qui ne l’empêche pourtant pas d’allaiter des portées de 4 petits ou plus. Pour plus d’infos, consultez les pages sur la biologie et la reproduction.

Un animal domestique depuis longtemps

Dans les Andes, les seuls animaux sauvages qui ont pu être domestiqués sont les camelidés locaux (lamas, guanacos, alpacas et vigognes), quelques espèces de canards, et les cochons d’Inde (cuyes). Les camelidés sont utilisés pour le poil, le lait et le transport et les cuyes pour la viande. La viande de cochon d’Inde contient plus de protéines (21%) que le boeuf (17,5%), le porc (14,5%) ou le poulet (18,3%) et est beaucoup moins grasse.

Aujourd’hui encore la consommation de cobaye occupe une place essentielle dans la culture et l’économie des pays andins, au même titre que le boeuf en Europe ou le porc en Asie. Cela peut paraître choquant à nos yeux d’Européens, mais le cobaye est la principale source de protéines des populations locales depuis des siècles. Les cochons d’Inde sont élevés par des familles dans la cuisine, où ils courent en liberté et sont nourris d’épluchures de légumes et d’alfalfa. Pour plus d’infos, consultez la page le cobaye n’est pas un animal sauvage.

Un animal sacré

Depuis des milliers d’années en Amérique Andine, le cobaye noir ou avec des taches noires est considéré comme un animal sacré et est utilisé dans des rituels de guérison par les cuyanderos (« guérisseurs aux cochons d’Inde »). Le cochon d’Inde est alors passé sur le corps des malades chez qui il est sensé détecter et guérir les maladies physiques et mentales. On l’utilise aussi pour des sacrifices religieux. Le cochon d’Inde est même représenté en peinture dans une version péruvienne de « La Cène », peinte par Marcos Zapata (1710-1773). Le tableau se trouve aujourd’hui dans la cathédrale de Cuzco (image à gauche).

Un animal grégaire fou de câlins

A l’état sauvage, le cochon d’Inde  vit en petits groupes composé d’un mâle dominant et de son harem de 4 ou 5 femelles. En captivité, il est souvent impossible de reproduire ce mode de vie, mais le cobaye sera toujours ravi de partager sa cage avec un ou plusieurs congénères. Et vous pouvez aussi le rendre heureux en le prenant tous les jours dans les bras et en lui faisant des câlins et des massages !

Un roi de la communication

Avec le chien de prairie, le cobaye est le rongeur qui dispose du plus grand répertoire vocal puisqu’il communique à l’aide d’un répertoire de plus d’une dizaine de sons différents, avec ses congénères mais aussi avec son maître ! C’est un « vocal », qui bavarde en permanence, et a un langage vocal très développé. En 1976, des chercheurs de l’université de Leicester en Angleterre ont identifié 11 modulations différentes !

En réalité, selon les contextes et l’expressivité des individus, ce répertoire vocal est plus ou moins étendu. Et dans cette publication, les termes anglais ou allemands décrivant le vocabulaire des cobayes ne trouvent pas toujours d’équivalents en français… Phonétiquement, cela va de « brrrr » à « grrrou », en passant par « wouik » et « goui-goui-goui » !

Une proie facile

Dans son milieu d’origine, le cochon d’Inde a de nombreux prédateurs. C’est pour cela qu’il a un large champ de vision… et qu’il a peur de tout ce qui vient du dessus ! Il a aussi une faible acuité visuelle, donc il faut toujours éviter de le surprendre. C’est pourquoi on recommande souvent les cages où on peut attraper le cochon d’Inde par le côté et non par le dessus.

Un animal de laboratoire

C’est par l’expérimentation sur le cochon d’Inde depuis 1850 qu’on a réussi à découvrir le concept des vitamines et à guérir le scorbut, à découvrir la bactérie responsable de la tuberculose, à développer le vaccin contre la diphtérie, la dialyse, les antibiotiques, les médicaments contre l’asthme… La liste est longue. Aujourd’hui, le cobaye est utilisé en pathologie, génétique, nutrition et toxicologie. Mais il est le plus souvent remplacé par le rat et la souris car il ne se reproduit pas assez rapidement.

Un herbivore strict

Le cochon d’Inde doit manger au moins l’équivalent de 10% de son poids en légumes frais tous les jours. Il ne se nourrit pas que de granulés ! Et il doit avoir du foin en permanence. L’intestin du cochon d’Inde a une longueur de plus de 2,25 m… et la digestion complète prend environ 24 h ! Le système digestif comprend un cæcum, une sorte de « chambre de fermentation », qui occupe entre 50 à 75% de la cavité abdominale.

Les muscles intestinaux du cobaye sont très peu développés. Et c’est la nourriture consommée en permanence qui assure la continuité des mouvements intestinaux : si le cobaye ne peut pa manger tout au long de la journée, les mouvements intestinaux s’arrêtent et l’animal entre en état de stase digestive, ce qui est très dangereux pour sa santé. Plus d’infos dans la page les principes de bases de l’alimentation.

L’animal de compagnie idéal

Quand on connaît bien les cochons d’Inde on est tenté de dire qu’il est l’animal de compagnie idéal. En effet il présente de nombreux avantages par rapport à d’autres espèces domestiques :

  • Il est assez petit pour être maintenu à la maison sans problème
  • Il est assez grand pour être câliné
  • Il n’a pas besoin d’être sorti pour faire ses besoins
  • Il n’est pas malodorant
  • Il ne mord pas
  • Il est « interactif », c’est à dire qu’il communique en permanence avec ses congénères comme avec son maître.
  • Il est très sociable et adore la compagnie
  • Il adore les câlins et est très affectueux
  • Il vit plusieurs années
  • Il est très amusant et attachant

Certes, le cochon d’Inde est l’animal idéal, mais seulement pour les personnes très attentives à ses besoins et qui prennent le temps de bien se renseigner sur ses spécificités si nombreuses !

Marie-Sophie Germain

Auteur et journaliste spécialisée en Nouveaux Animaux de Compagnie
– 30 Millions d’Amis
– NAC Magazine (www.nac-magazine.com)
– Editions de Vecchi
– Editions Rustica/Fleurus